29/12/2010 10:13

L’ÉDUCATION : DES USINES À DRONES CORPO-SUPRÉMACISTES !

MISE EN CONTEXTE

« Il y a une raison qui explique que l’éducation nationale marche mal. C’est la même raison qui fait qu’elle ne marchera jamais. C’est parce que les propriétaires de ce pays n’en veulent pas ! Je parle des vrais propriétaires. Je parle des grands hommes d’affaires qui contrôlent tout et qui prennent toutes les décisions importantes. Oubliez les politiciens ! Les politiciens sont là pour vous donner l’impression d’avoir le choix. Mais vous n’en avez pas ! Vous avez des propriétaires. Il faut le savoir ! Ils vous possèdent. Ils possèdent tout. Ils possèdent la terre, ils possèdent et contrôlent les grandes entreprises. Depuis longtemps, ils ont acheté le Sénat, le Congrès, les administrations, les mairies. Ils ont les juges dans leurs poches. Ils possèdent l’industrie audio-visuelle, pour pouvoir contrôler à peu près toutes les informations qui circulent. Ils vous tiennent par les couilles !’ »

« Ils dépensent des milliards pour financer le lobbying. Ils font du lobbying pour obtenir ce qu’ils veulent. Et nous savons ce qu’ils veulent. Ils veulent plus pour eux-mêmes et moins pour les autres ! Mais je vais vous dire ce qu’ils ne veulent pas. Ils ne veulent pas d’une population capable de penser, de critiquer. Cela ne les intéresse pas. Cela ne les aide pas, c’est contre leurs intérêts. Vous savez ce qu’ils veulent. Ils veulent des travailleurs obéissants ! Des gens qui sont juste assez intelligents pour faire tourner les machines et faire la paperasse, et juste assez cons pour accepter passivement tous ces boulots de merde, avec ces salaires qui baissent et ces fonds de pension qui disparaissent. Maintenant, ils veulent s’emparer de la Sécurité Sociale ! Ils veulent récupérer l’argent de la Sécurité Sociale pour qu’il puisse finir dans les coffres de leurs amis de Wall Street. Oui, les propriétaires de ce pays connaissent la vérité. Ils l’appellent le Rêve Américain, parce qu’il faut être endormi pour y croire ! » – George Carlin

Appauvrissement intellectuel, réflexion et analyse limitées , extinction des "humanités" au profit de la formation à vocation professionnelle sous prétexte de débouchés dans la vie active, formatage des cerveaux, Recherche livrée pieds et poings liés aux fonds privés qui permettra d'orienter les travaux et leurs résultats, suppression de tous les garde-fous démocratiques et règne sans partage du complexe militaro-industriel avec l'aval des universitaires du pays. Comme partout où le capitalisme montre les dents après avoir orchestré avec arrogance et mépris le pillage des richesses mondiales.


Le système universitaire a mal tourné: les universités deviennent les usines à drones de Big Business
par Chris Hedges

Si nous ne reprenons pas les rênes en main, nous sommes condamnés à subir une forme plus violente du capitalisme qui devra recourir à la répression brutale. http://www.facebook.com/photo.php?fbid=129387220458120&set=a.103732429690266.5479.100001605282488&comments

Dans les sociétés en décadence, la politique devient du spectacle. Les élites, qui ont détruit le système démocratique pour servir l'état capitaliste, gouvernent grâce à l'image et aux apparences.

Elles clament leur indignation vis-à-vis des primes distribuées par AIG et leur empathie pour la classe ouvrière, alors qu'elles ont passé les dernières décennies à la dépouiller de ses droits démocratiques, et font des promesses aux familles en détresse en sachant pertinemment qu'elles ne les tiendront pas. Quand s'allument les projecteurs, elles lisent leur boniment avec l'émotion requise. Et quand ils s'éteignent, elles veillent à ce que Goldman Sachs et tout un tas d'autres grandes entreprises reçoivent bien les centaines de milliards de dollars d'argent public pour éponger les dettes qu'elles ont contractées en jouant au capitalisme de casino.


Nous vivons à une époque de nihilisme moral. Nous avons saccagé nos universités, les transformant en usines spécialisées qui fabriquent les drones du grand capital et courent après les subventions et les dons d'entreprises privées liées au ministère de la défense.

Les humanités, cet enseignement qui force à prendre de la hauteur et à se poser les grandes questions morales sur le sens et le but des choses, qui pose les questions sur la légitimité des structures, qui forme les gens à réflexion et à la critique de toutes les hypothèses culturelles, ont été réduites à peau de chagrin. La presse, qui devrait encourager les interrogations intellectuelles et morales, confond le pain et le cirque avec les informations et refuse de donner la parole à ceux qui contestent non pas les versements de primes aux cadres, ni le renflouement des organismes financiers, mais la superstructure pernicieuse de l'état au service des intérêts privés.

Nous nous prosternons devant le culte de soi, construit pierre par pierre par les architectes de notre société de consommation, qui interdit l'empathie, le sacrifice envers les moins nantis et l'honnêteté. Les méthodes utilisées pour réaliser nos voeux, sont, nous disent la "télé-réalité", les écoles de commerce et les gourous qui prêchent l'effort personnel, inappropriées. La réussite, toujours définie en terme d'argent et de puissance, se justifie d'elle-même.

L'aptitude à la manipulation est ce qui est le plus hautement prisé. Et notre déchéance morale est tout aussi effrayante et dangereuse que notre déchéance économique.


Theodor Adorno a écrit en 1967 un essai intitulé: "Education After Auschwitz", où il explique que la corruption morale qui a rendu possible l'holocauste est restée "largement inchangée".

Il écrit que les "mécanismes qui permettent que des gens soient capables de commettre de tels actes" doivent être mis en évidence. La mission de l'école est d'enseigner plus que des savoir-faire. Elle doit enseigner des valeurs. Si elle ne le fait pas, un autre Auschwitz est possible.

"Toute éducation politique doit être finalement centrée sur l'idée qu'Auschwitz ne doit plus jamais se reproduire", dit-il. "Ce ne serait possible que si elle se consacre ouvertement, sans craindre d'irriter les autorités, à ce problème de la plus haute importance. Pour ce faire, l'éducation doit se transformer en sociologie, c'est-à-dire, elle doit enseigner le jeu des forces qui s'opère en politique au-delà des apparences".

Nos élites sont en pleine implosion. Leur imposture et leur corruption sont peu à peu démasquées, au fur et à mesure que le fossé existant entre les discours et la réalité devient de plus en plus flagrant. La colère qui commence à monter dans tout le pays devra être contenue par les élites avec des moyens de contrôle moins subtils. Mais si nous ne saisissons pas le "le jeu des forces qui s'opère en politique au-delà des apparences", on nous imposera une forme plus brutale du pouvoir capitaliste, qui, elle, ne s'embarrassera plus des leurres sur l'attrait de la société de consommation mais qui exercera le contrôle du pouvoir par la répression brutale.

Il y a quelques jours, je déjeunais à Toronto avec Henry Giroux, professeur d'anglais et d'études culturelles à l'Université McMaster au Canada et qui a longtemps été titulaire de la chaire Waterbury (~ études des sciences de l'éducation, NDT) à l'université de l'état de Pennsylvanie ("Penn State").

Giroux, qui a été parmi les premiers à pressentir et à critiquer ouvertement la destruction systématique du système éducatif aux Etats-Unis par l'Etat capitaliste, a été marginalisé par le monde universitaire parce qu'il s'obstinait à poser les questions désagréables qu'Adorno disait que les professeurs d'université se devaient de poser. Il a quitté les Etats-Unis et est allé s'installer au Canada en 2004.

"L'apparition de ce qu'Eisenhower avait appelé le "complexe militaro-industriel et universitaire" a permis la mainmise sur les programmes universitaires, dépassant peut-être même ce qu'il avait pressenti et craint le plus", m'a dit Giroux qui a écrit dans "L'Université enchaînée: défier le complexe militaro-industriel et universitaire" ("The University in Chains: Confronting the Military-Industrial-Academic Complex 
).

"Les universités, surtout après les événements du 11 sept, ont, en général, été assaillies par les nationalistes chrétiens, les néo-conservateurs réactionnaires et les intégristes de l'économie de marché, qui prétendaient qu'elles étaient les maillons faibles dans la guerre contre le terrorisme. Les étudiants de droite étaient incités à aller espionner les cours des professeurs de gauche, et l'étau du capitalisme se resserrait - comme on pouvait le constater non seulement dans la gestion des universités, calquée sur le modèle des entreprises privées, mais également dans l'injection de fonds destinés à la Recherche et aux programmes favorisant ouvertement les intérêts privés.

Et à Penn state, où je travaillais à l'époque, l'université était devenue assujettie aux intérêts privés et militaires. Autrement dit, l'argent du Pentagone et des entreprises privées servait maintenant à financer les programmes de recherche, et les études étaient de plus en plus axées sur les programmes militaires au service du développement des armes de destruction, de surveillance et de mort. Associez cette prise d'assaut au fait que l'université n'était plus une force d'opposition. Beaucoup d'universitaires se noyaient dans des discours qui ne faisaient plus peur à personne, certains, craignant d'être licenciés, évitaient tout simplement d'évoquer dans leurs cours les questions épineuses, et beaucoup n'avaient simplement plus la motivation de soutenir l'université en tant que sphère publique démocratique".

Frank Donoghue, auteur de "The Last Professors: The Corporate University and the Fate of the Humanities " ("Les derniers professeurs d'université: l'Université privée et le sort des humanités") décrit comment ont été démantelées les études classiques. Tout programme d'études qui n'était pas à but strictement professionnel a été, au mieux, marginalisé ou, dans beaucoup d'établissements, carrément supprimé. Les étudiants sont dissuadés de poser les questions dérangeantes qui conduiraient à critiquer les affirmations des élites dirigeantes ou un système économique qui sert le capitalisme.

Cette situation a jeté de nombreux étudiants brillants dans les bras d'entités privées dont ils ne remettront pas la morale en cause. Ils acceptent ce qu'on leur dit sur la culture d'entreprise parce qu'on ne leur a jamais appris à réfléchir. Seuls 8% des étudiants sortent actuellement de l'université avec un diplôme d'études classiques, c'est-à-dire 110.000 étudiants. Entre 1970 et 2001, le nombre de licences de lettres a chuté, passant de 7,6 % à 4%, de même que les diplômes en langues étrangères (de 2.4 % à 1%), en maths (de 3% à 1%), en sciences sociales et en histoire (de 18,4 % à 10 %).

Les licences de commerce, qui font miroiter des revenus substantiels, ont grimpé en flèche. Le nombre d'étudiants en commerce est passé depuis 1970-1971 de 13.6 % à 21.7 %. Le commerce est devenu aujourd'hui l'orientation la plus choisie à la place des sciences de l'éducation, qui sont passées de 21% à 8,2%.

Les valeurs intrinsèques à une société ouverte ont été anéanties. Actuellement, une université, comme l'écrit John Ralston Saul, "recherche activement des étudiants qui souffrent du déséquilibre approprié et entreprend alors de l'accentuer. L'imagination, la créativité, l'équilibre moral, la culture, le bon sens, une vision sociale – tout cela disparaît.

La compétitivité, la faculté d'avoir une réponse toute prête, le talent pour manipuler les situations, tout cela doit être développé. En conséquence, l'amoralité s'étend également. Il en est de même pour l'agressivité extrême quand des étrangers leur posent des questions; ainsi que pour une certaine confusion entre la notion de bien par opposition à avoir une réponse toute prête à toutes les questions. Et ce qui est surtout favorisé, c'est le développement d'une forme incontrôlée d'intérêt personnel, où ce qui compte, c'est gagner.
Ce nihilisme moral aurait épouvanté Adorno. Il savait que le mal radical n'était possible qu'avec la collaboration d'une population craintive, intimidée et désorientée, un système éducatif qui ne permet pas de se dépasser intellectuellement ou qui n'encourage pas la capacité à développer une conscience personnelle. Il craignait une culture qui réfute les angoisses et les complexités du choix moral, basée sur une hyper masculinité puérile encouragée par les capitalistes féroces (pensez aux coups de poignard dans le dos et aux divers coups tordus qui sont acclamés dans les émissions de télévision comme "Survivor") et les héros de films d'action hollywoodiens comme le gouverneur de Californie.

"Cet idéal d'éducation à l'insensibilité, auquel beaucoup croient sans se poser de questions, est totalement immoral" a écrit Adorno. "L'idée que la virilité relève d'un degré maximum d'endurance est devenu depuis longtemps l'écran qui cache le masochisme qui, comme l'a démontré la psychologie, va de pair avec le sadisme".

Le sadisme fait autant partie de la culture populaire que la culture d'entreprise. Il domine la pornographie, se propage comme un courant électrique dans les émissions de télé-réalité et les émissions de débats trash et est au centre de l'accommodant collectif d'entreprise. Le corporatisme, c'est anéantir la capacité de choix moraux. Et il se concrétise à Abou Ghraib, en Irak et en Afghanistan et dans notre absence de compassion pour les sans-abri, les démunis, les malades mentaux, les chômeurs et les malades.

"Les forces politiques et économiques qui poussent aux crimes contre l'humanité – qu'il s'agisse de guerres illégales, de torture systémique, d'indifférence inculquée à la famine chronique, aux maladies et aux actes génocidaires – sont toujours arbitrées par les forces éducatives", dit Giroux. "La résistance à de tels actes ne peut se faire sans un certain degré de connaissances et d'introspection. Il faut donner un nom à ces actes et remplacer l'indignation morale par des efforts concrets pour empêcher les violations des droits humains de se produire au départ".

L'unique qualité essentielle nécessaire pour résister à ce mal, c'est l'autonomie morale. L'autonomie morale, comme l'a écrit Kant, n'est possible que grâce à la réflexion, l'autodétermination et le courage de ne pas coopérer.

L'autonomie morale, c'est ce que l'état capitaliste, en attaquant les institutions progressistes et les professeurs "gauchistes", a entrepris de détruire. L'état capitaliste est notre "manipulateur" (terme employé par Adorno) idéal. Le manipulateur a d'extraordinaires talents d'organisateur et est totalement inapte à vivre des expériences humaines authentiques. Il ou elle n'a pas d'affect et est motivé-e par un réalisme surestimé. Le manipulateur est là pour gérer le système. Lui ou elle a été formé exclusivement pour entretenir la structure capitaliste, et c'est la raison pour laquelle nos élites dilapident des sommes d'argent hallucinantes prises sur nos impôts afin de les distribuer à des entreprises comme Goldman Sachs et AIG.


"Il (ou elle) s'est fait un culte de l'action, de l'activité, de la prétendue efficacité en soi qu'on retrouve dans l'image que donne la publicité de la personne active", écrivait Adorno sur ce genre de personnalité.

Ces manipulateurs, des gens comme Lawrence Summers, Henry Paulson, Robert Rubin, Ben Bernanke, Timothy Geithner, Edward Liddy de AIG et le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, ainsi que la majorité de la classe dirigeante, ont profité de l'argent et du pouvoir des entreprises privées pour fixer les limites de ce qui doit être débattu dans les salles de cours, sur les ondes et dans les couloirs du Congrès pendant qu'ils pillaient le pays.

"Il est particulièrement difficile de lutter contre cette situation" prévient Adorno, "parce que ces manipulateurs, qui sont en fait incapables d'expérience authentique, et qui pour cette raison, manifestent une absence de réceptivité comparable à la pathologie de certains malades mentaux ou psychotiques, à savoir les schizophrènes".

Chris Hedges, a été co-lauréat du "Pulitzer prize" pour une série d'articles publiés par le New York Times sur le terrorisme mondial. Son livre le plus récent: Collateral Damage: America's War Against Iraqi Civilians ("dommages collatéraux: la guerre des Etats-Unis contre la population civile en Irak"). "Higher Education Gone Wrong: Universities Are Turning into Corporate Drone Factories 

 

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ÉDUCATION OU CATASTROPHE

 

Les barbares ne sont plus à nos portes, 
ils sont parmi nous. 
 

0ShareAprès 20 000 générations, la première, que l'on qualifie de numérique, arrive au pouvoir. En face, les forces obscurantistes ratissent large depuis la nuit des temps. Même l'invention de la presse de Gutenberg avait été décriée. On allait éliminer la tradition orale. La radio, le cinéma et la télé allaient tuer le livre. C’est au tour d’Internet et des jeux vidéo de passer au pilori des luddites, bien pensants et obscurantistes de tout acabits.  Il est tellement facile de blâmer le messager 7 l'outil que de décortiquer et comprendre les véritables enjeux...

"Éducation ou catastrophe !" C'est l’eugéniste H. G. Wells qui résumait ainsi les deux choix dont l'humanité dispose face à la traîtresse évolution de sa race, mais en oubliant de constater que l’ignominie de la pseudo-philo-politico aberration qu’il défendait était justement issu de son éducation. Quelle catastrophe ;) Personne n'oblige qui que ce soit à regarder la télé-réalité. Ces trous noir de contenu évacuent la création artistique au profit d'un décervelage et d'une infantilisation généralisée des masses.

Serait-il plus facile de manipuler une gang de gnochons incultes que des citoyens éclairés?

 

Quand tout et rien devient acceptable,
la célébration de notre médiocrité hausse t'elle la mise?

Peut-on, tellement niveler par le bas 
que l'on devient incapable de faire la différence 
entre quoi que ce soit et son opposé? 


Le modèle américain s'impose. On confond diatribe mercantile et pensée articulée.


La Walmartisation de nos vies est bien entamée.


Peut-on, dans un acte de 
jiu-jitsu médiatique, retourner l'arme vers son propriétaire ?

 


L'ALTERNATIVE À LA BÊTISE HUMAINE ET À L'ESPRIT DE TROUPEAU EXISTE BEL & BIEN MAIS COMPORTE TOUT DE MÊME CERTAINS RISQUES...

LES DIPLOMATES INSISTENT POUR SOULIGNER QUE LE DISCERNEMENT ENGENDRE SOUVENT LA LIBERTÉ ET L'OSTRACISME ;)

CONDITION HUMAINE 101
Le contrat social : tout est clair et limpide…
C’EST TOUT SIMPLE… YA QU’À LAISSER FAIRE ;)
…ou de toujours avoir une illusion de rechange !

Le système mis en place dans notre monde libre repose sur l'accord tacite d'une sorte de contrat passé avec chacun d'entre nous dont voici, dans les grandes lignes, le contenu.

Voici le contrat reconductible par tacite reconduction que vous signez chaque matin en vous réveillant simplement et ne faisant rien

Mes chers amis,
Le 11 septembre marque le triste anniversaire d'une catastrophe hautement symbolique pour l'humanité.
Peu importe nos croyances ou nos idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l'accord tacite d'une sorte de contrat passé avec chacun d'entre nous, dont voici dans les grandes lignes le contenu :

1) J'accepte la compétition comme base de notre système, même si j'ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l'immense majorité des perdants,
2) J'accepte d'être humilié ou exploité a condition qu'on me permette a mon tour d'humilier ou d'exploiter quelqu'un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale,
3) J'accepte l'exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que le prise en charge de la société a ses limites,
4) J'accepte de rémunérer les banques pour qu'elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu'elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j'accepte implicitement). J'accepte aussi qu'elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l'argent qui n'est autre que celui des autres clients,
5) J'accepte que l'on congèle et que l'on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s'écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année,
6) J'accepte qu'il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu'on le fasse lentement en inhalant ou ingérant des substances toxiques autorisées par les états,
7) J'accepte que l'on fasse la guerre pour faire régner la paix. J'accepte qu'au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J'accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d'armes et faire tourner l'économie mondiale,
8) J'accepte l'hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu'il s'agisse d'une énergie coûteuse et polluante, et je suis d'accord pour empêcher toute tentative de substitution, s'il s'avérait que l'on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l'énergie, ce qui serait notre perte,
9) J'accepte que l'on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu'il s'agit d'un ennemi et nous encouragent à le tuer,
10) J'accepte que l'on divise l'opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l'impression de faire avancer le système. j'accepte d'ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu'elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux,
11) J'accepte que le pouvoir de façonner l'opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd'hui aux mains d'affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu'ils en feront,
12) J'accepte l'idée que le bonheur se résume au confort, l'amour au sexe, et la liberté à l'assouvissement de tous les désirs, car c'est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie,
13) J'accepte que la valeur d'une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu'on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu'on l'exclue du système si elle n'est plus assez productive,
14) J'accepte que l'on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l'éducation et de la santé des générations futures,
15) J'accepte que l'on mette au banc de la société les personnes agées dont l'expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l'univers) nous savons que l'expérience ne se partage ni ne se transmet,
16) J'accepte que l'on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j'ai de la chance de vivre en occident. je sais qu'entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous,
17) J'accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l'avenir de la vie et de la planète,
18) J'accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu'on me le signale explicitement. J'accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l'agroalimentaire de breveter le vivant, d'engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l'agriculture mondiale,
19) J'accepte que les banques internationales prêtent de l'argent aux pays souhaitant s'armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu'il vaut mieux financer les deux bords afin d'être sûr de gagner de l'argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s'ils ne peuvent pas rembourser les emprunts,
20) J'accepte que les multinationales s'abstiennent d'appliquer les progrès sociaux de l'occident dans les pays défavorisés. Considérant que c'est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu'on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l'homme et du citoyen, nous n'avons pas le droit de faire de l'ingérence,
21) J'accepte que les hommes politiques puissent être d'une honneteté douteuse et parfois même corrompus. je pense d'ailleurs que c'est normal au vu des fortes pressions qu'ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise,
22) J'accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l'agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident,
23) J'accepte que le reste de la planète, c'est-à-dire quatre milliards d'individus, puisse penser différemment à condition qu'il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d'expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives,
24) J'accepte l'idée qu'il n'existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d'une conscience et d'un langage, ce n'est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte,
25) J'accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu'aujourd'hui tout ceci n'existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l'entendons sans cesse dans nos discours politiques,
26) J'accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l'explication du mystère de nos origines. Et j'accepte que la nature ait pu mettre des millions d'années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants,
27) J'accepte la recherche du profit comme but suprême de l'Humanité, et l'accumulation des richesses comme l'accomplissement de la vie humaine,
28) J'accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J'accepte l'augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d'éléments radioactifs dans la nature. J'accepte l'utilisation de toutes sortes d'additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c'est qu'ils sont utiles et sans danger,
29) J'accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu'elle nous mène vers une catastrophe sans précédent,
30) j'accepte cette situation, et j'admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l'améliorer,
31) J'accepte d'être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux,
32) J'accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J'accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez,
33) J'accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m'empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie.

Fait par amitié sur la Terre, le 11 septembre 2003.